LOS FUSILHATS DE 14-18.

 

Les fusillés de 14-18.

 

Nous pourrions penser que c'était seulement en 1917 après l'offensive du général Nivelle en mai-juin 1917, après l'échec de cette offensive, que nous aurions eu la majorité des fusillés, c'est une erreur.

Dès août 1914 après l'offensive des frontières, que les exécutions ont commencé. La majorité des exécutions en réalité ont eu lieu principalement en 1914 e en 1915.

Pour punir, l'armée française a eu les articles suivants :

article 213 : tout militaire qui abandonne  son poste : la mort

article 218 : refus d'obéir pour marcher contre l'ennemi : la mort

article 223 : voies de fait contre un supérieur : la mort

article 239 : désertion à l'ennemi : la mort.

Ces articles firent condamner, jugement sans appel, 3040 soldats à mort, dont plus de 923 furent fusillés. On condamne pour fuite, abandon de poste ou désertion en présence de l'ennemi, mutilations volontaires, pillage, espionnage et refus d'obéir, en Alsace plusieurs civils allemands sont fusillés pour intelligence avec l'ennemi "allemand" (l'Alsace est  en 1914 une région allemande depuis 1871).

Dès septembre 1914, 31 soldats sont condamnés à mort, dont 13 sont fusillés. Deux territoriaux âgés de 45 ans seront parmi les premiers à être fusillés, jugés et condamnés à mort le 12 septembre 1914 pour défaillance, ils seront exécutés sur le front des troupes le 15 septembre 1914, alors qu'ils n'auraient jamais du se trouver en première ligne. Attaque dans la presse, sans raison, on peut lire dans le journal "le Matin" du 21 août 1914, contre une division du 15ème corps, composée de contingents d'Antibes, Toulon, Marseille et Aix, c'est-à-dire tous provençaux pour avoir soi-diant laché pied devant l'ennemi (le journaliste parisien fait remarquer l'accent du midi ! Comme si l'accent était un crime de lèse-majesté).

En septembre 1914, 70 condamnations à mort, pour blessures volontaires, dont 59 sont fusillés. La moitié des militaires étaient ivres au moment des faits. La première mutilation concerne la 57ème division qui défendait Belfort. Le 12 août, le soldat P. né dans le Doubs (Franche-Comét) que se blesse liu-même avec son fusil au pied, 5 autres soldats se blessent volontairement, du même régiment, le même jour. Les 14ème et 15ème corps se distinguent pour leur sévérité, pour le mois de septembre 1914, 70 condamnations à mort, 11 furent grâciés et 59 exécutés.

De la Gascogne dès le 7 août 1914, trois régiments gascons e basques partent pour participer à l'offensive des frontières. C'est dans la 36ème division d'infanterie, on trouve les régiments, le 12ème de Tarbes,le 34ème de Mont de Marsan, le 18ème de Pau, le 49ème de Bayonne, régiment mixte basques et gascons.

L'incident du 20ème R.I., le 20 avril 1917 est considéré comme le premier refus de combattre. C'est donc pendant l'offensive Nivelle (le général commandant en chef des armées françaises), qui devait en principe et d'après l'état-major percer et écraser les lignes allemandes et finir la guerre. C'était comme pour l'offensive des frontières de l'été 1914 au début de la guerre qui devait en quatre ou cinq semaines écraser l'armée allemande et finir à Berlin pour que nos soldats retournent chez eux pour passer la Noël de 1914. De croire cela était non seulement idiot mais surtout criminel pour un résultat catastrophique.

Après les premières semaines avec très peu de gain et souvent aucun pour des milliers de morts, l'état-major aurait du arrêter l'offensive, mais le général Nivelle s'est entêté, et a continué de sacrifier un total de 270000 hommess. Si, au lieu de continuer de vouloir imiter les campagnes de Bonaparte, ils avient suivi la révolution mexicaine, l'exemple du siège de la ville de Celaya en avril 1915, quand cette ville défendue par le général Obregon (de mère française), qui avait une défense organisée par des officiers allemands, plusieurs lignes de défense avec fil de fer hèr barbelé devant plusieurs lignes de tranchées, des nids de mitrailleuses qui prenaient en enfilade toutes les entrées de la ville. Le général Pancho Villa, aussi aveugle que notre état-major, lança sa division du nord, vague après vague, se faire détruire contre les défenses de Celaya. Pancho Villa n'a pas su changer de tactique et a laissé bêtement détruire sa division qui ne joua plus aucun rôle durant le reste de la révolution mexicaine.

Les soldats français ne purent pas accepter d'avoir fait autant de sacrifices pour aucun résultat, s'ajoutant à ce fiasco le manque de permission et la fort mauvaise nourriture. Les mutins pensaient à chercher une solution pour faire la paix et obtenir la fin de la guerre. Pourtant la plupart des autres offensives avaient eu des pertes supérieures.

offensive des frontières d'août à novembre 1914 :    854000

offensive de Champagne de février à mars 1915 :      240000

bataille d'Artois d'avril à juin 1915 : 449000

Verdun de février à juin 1916 : 442000

bataille de la Somme de juillet à octobre 1916 :        341000

offensive Nivelle d'avril à juillet 1917 : 270000

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Le 18ème R.I. de Pau qui était composé au départ uniquement de gascons béarnais et landais, devient après trois ans de guerre et ayant des pertes énormes un régiment mélangé de soldats venant de toutes les ethnies de  l'exagone. Le 18ème R.I. connaissait bien le secteur du "Chemin des Dames", en 1914 et 1915 il avait combattu dans le secteur de Craonne, l'année suivante il va à Verdun, puis dans la Somme, relevé par une unité anglaise à la mi-février 1917, a une période de repos, puis revient dans la région pour l'offensive Nivelle.

Le 15 avril 1917, il est à Maisy et se lance à l'assaut des pentes d'Oulches. La semaine du 4 au 8 mai 1917 a été la plus terrible et aussi la plus glorieuse pour le régiment. Pendant trois jours et trois nuits, la prise des plateaux de Craonne et de Californie a couté très cher au 18ème R.I. Les pertes sont terrifiantes : 11 officiers, 25 sous-officiers, 548 soldats morts ou disparus et 529 blessés. Le 8 mai 1917 le régiment est retiré du front et envoyé au repos et pour être reconstitué à l'aide d'un renfort de mille hommes.

Après avoir séjourné à Dravegny et à Sergy il s'installe dans les villages de Villemoyenne, Fête en Tardenois et Villers sur Fère. À côté du 267ème R.I. de Soissons, cantonné à Sergy et Favières, est le régiment de réserve du 67ème R.I. de Soissons. Ils vont tous boire au café "Assailly" et ceux du 267ème R.I. racontent les évènements du 162ème R.I. Et au dépôt divisionnaire de la 69ème division, on leur conseille de ne pas retourner aux tranchées, car en refusant de marcher on obtient des permissions. Les soldats du 267ème viennent dans le cantonnement du 18ème et conseillent de refuser de monterr dans les camions. Un groupe de manifestants menace leurs camarades avec leurs fusils pour les empêcher de partir. On tire sur les fenêtres éclairées, des grenades sont lancées. La mutinerie se cantonne au 2ème bataillon. Les officiers font monter dans les camions les 1er et 3ème bataillons. La prévôté de la 10ème armée à Caugny est alertée à 2 heures 30 du matin, 30 gendarmes partent pour Villers sur Fère où ils arrivent à 5 heures du matin. Ils réussissent à faire monter un groupe de soldats dans trois camions, puis regroupent une quarantaine de soldats qu'ils envoient sous escorte à Fère en Tardenois, puis ils se heurtent à un groupe de 80 homme qui refusent de partir.

Puis 20 hommess sollicités par le caporal Voultz montent dans un camion pour Beaurieux. Ceux qui restent partent vers la gare voulant aller à Paris. Un petit groupe de 7 ou 8 hommes partent encore.

Finalement ceux qui restent se décident à monter dans cinq camions pour Beaurieux où ils arrivent vers 10 heures 45.

Quelques soldats se sont fait remarquer par leur comportement.

Canel (Pas de Calais) : 5e compagnie, a chargé son fusil et mis en joue un conducteur de camion qui transportait des soldats en lui criant "Arrête-toi ou je te zigouille". Il a également forçé quelques hommes à redescendre, a tiré un coup de feu en l'air.

Prouvier : 7e compagnie, a essayé d'empêcher ses camarades de monter dans les camions, a tiré plusieurs coups de fusil en l'air près de la place de Fère et à Chery Chartreuve.

Cristoni : 7e compagnie, a essayé d'empêcher ses camarades de monter dans les camions et a hurlét "Sac a terre ! Vous ne partez pas !"

Didier (Vosges) : voulait alller à Paris, pendant le parcours à Villers sur Fère, a tenu des propos des plus séditieux" et empêché des camarades de quitter les mutins.

Finot : 5e compagnie, a dit "Nous ne marcherons pas, nous n'irons pas tà aux tranchées".

Lasplacettes (gascon) : 5e compagnie, s'est opposé énergiquement à l'embarquement, exigieant que des camarades déjà montés redescendent des camions.

Triconi : 5e compagnie, a tiré plusieurs coups de revolver en l'air pendant le trajet en camion.

Lasplacettes Jean Louis, né en 1887 à Aydius, petit village du Béarn, cultivateur, qualifié de soldat indiscipliné durant le procès, mal noté par ses officiers, pourtant il a été cité le 19 avril 1917 à l'ordre du régiment pour avoir, le 16 avril, faisant partie d'une patrouille, fait 17 soldats et un officier allemands prisonniers. Le registre de matricule indique que c'est un excellent soldat depuis le début de la guerre, toujours volontaire pour des missions périlleuses. La vraie raison, il a été disqualifié par son capitaine qui l'a présenté comme un sournois ! Parlait-il français correctement ? Pas sûr !

Moulia Vincent, né à Nassiet, petit village de la Chalosse dans les Landes, est un très bon soldat, deux fois blessé, a reçu deux citations lors des combats à Craonne, gagne ses galons de caporal sur les champs de bataille, toujours volontaire pour des missions dangereuses. Le commandant Robert, dans sa déposition devant le tribunal, fait des éloges appuyées de Moulia, mais le commissaire rapporteur dit de lui que c'est un exalté, un tempérament bouillant "sans intelligence et sans dignité". Sans doute son français n'était pas assez bon ?

Le 11 juin, le président de la République rejette les recours en grâce de Moulia, Lasplacettes, de Didier et de Canel, et commute celle de Cordonnier en 20 ans de prison. Les exécutions de la sentence sont prévues pour le lendemain à l'aube.

Pendant la nuit, nous allons avoir l'évasion rocambolesque de Moulia. C'est une évasion très étrange. A-t-il de l'aide ou d'une complicité d'un garde ou de plusieurs ? Mystère !

Tous les gardes seront punis. L'alerte ne sera donnée que peu de temps avant de fusiller les condamnés. A-t-il été aidé pour réparer une erreur judiciaire, Moulia a toujours affirmé qu'il n'avait pas participé à cette révolte. Dans le futur des années plus tard, Moulia ne pouvait pas parler, ne pouvait pas compromettre aucun de ses ex-camarades. Souvent la réalité dépasse la fiction, dans ce cas-là c'est sans aucun doute un miracle ! Le soir, Moulia est enfermé avec les autres condamnés dans une pièce de la ferme, il demande d'aller aux toilettes, le garde va avec lui et le laisse, il ne reste pas pour le remettre dans la chambre avec ses camarades. Quand Moulia a terminé et qu'il ouvre la porte, il ne trouve pas le garde. Dans cette pièce qui donne sur le jardin, il y a une porte, Moulia l'ouvre, sort dans le jardin, et c'est la liberté. Il arrivera dans son village, mais il ne restera pas trop de temps, sachant que les gendarmes vont venir, il passe se réfugier en Navarre, à Pampelune, où sa fiancée viendra le rejoindre. Il sera réhabilité en 1934, et reviendra dans son village en 1936.

Les autres condamnés, Canel, Didier et Lasplacettes, seront fusillés sur le plateau au-dessus de Maisy, devant leur régiment.

Nous avons aussi des troubles dans un autre régiment moitié gascon moitié basque, c'est le 49ème R.I. de Bayonne, mais sans condamnation à mort. De mai à novembre 1917, c'est-à-dire pendant l'offensive Nivelle, il y aura 497 condamnations à mort pour 55 exécutions. Le président Poincaré accorde la grâce dans 89% des cas.

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L'origine des condamnés a mort.

Ils viennent du Nord (ligne Mont Saint-Michel - Belfort) pour 54% des fusillés, ils représentent 39% de la population totale.

La zone centrale a 35% des fusillés pour 39% de la population totale.

Pour le Sud (ligne Bordeaux - Grenoble) : 11% des fusillés pour 22% de la population totale.

La 73ème brigade de la 37ème division, dans la vallée de l'Aisne, 12 fuyards sont exécutés par un officier.

1ère armée : a condamné à mort un seul soldat

2ème armée : a condamné 14 à mort, 2 en 1914

3ème armée : a condamné à mort un seul soldat

4ème armée : a condamné 64 à mort, dont 38 en 1914 et 21 en 1915

5ème armée : 5 condamnés à mort

6ème armée : un seul condamné à mort

9ème armée : 16 condamnés à mort, au total 2 que seront fusilléss.

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Une nouvelle accusation va s'ajouter aux autres, c'est le passage volontaire dans les lignes allemandes, c'est-à-dire se rendre à l'ennemi. Il y a 24 condamnations à mort par contumace pour désertion à l'ennemi pour la 7ème compagnie du 141ème R.I. Le total pour 1914 sera de 500 condamnations à mort pour 200 fusillés.

Une nouvelle accusation, prendre de l'acide picrique pour se rendre malade.

Il y aura 140000 procédures par la justice militaire pour toute la durée de la guerre. Pour un total de  8300000 hommes mobilisés, pour 1500000 morts, sans comptabiliser les nombreux blessés qui vont mourir bien après la fin de la guerre, comme les gazés par exemple. 2800000 blessés, 600000 veuves, 2800000 orphelins. Il y a eu 546000 prisonniers français, dont 38963 vont mourir pendant leur captivité.

 

Dans les autres armées, on a aussi fusillé.

armée britannique :   351 fusillés, réhabilitation en 2006

armée canadienne :     25 fusillés

armée italienne :        750 fusillés et entre 141 et 149 exécutions sommaires

armée allemande  :      48 fusillés, mais beaucoup d'exécutions sommaires

arméefrançaise :        923 fusillés, très peu d'exécutions sommaires

armée Nouvelle Zélande : 5 fusillés, pardon général en 2002

armée australienne : le gouvernement australien a categoriquement refusé que le moindre soldat soit fusillé malgré une forte pression du gouvernement britannique.

Nous avons donc beaucoup plus de fusillés pour les années 1914, 1915 et 1916 que pendant l'offensive Nivelle et les mutineries et autres grèves des tranchées car, pour 40 000 mutins, nous avons un peu plus de 50 fusillés.

Les condamnés seront pardonnés et les condamnés à la prison seront envoyés dans les colonies : Indochine, Madagascar, Algérie et Maroc.

La question des langues régionales n'est pratiquement jamais mentionnée, bien qu'alors, à cette époque, les paysans qui représentaient la majorité des 8 300 000 soldats mobilisés, parlaient peu, mal ou pas le français. Ils venaient de tous les peuples de l'hexagone : Bretons, Flamandss, Languedociens, Auvergnats, Limousins, Provençaux, Catalans, Corses, Dauphinois, Savoyards, Normands, Basques et Gascons.

J'ai trouvé plusieurs cas comme celui du breton François Laurent parle très mal le français, il est  accusé de mutilation volontaire, ne peut pas se défendre car il ne comprend rien à la langue employée.

Un autre breton Roger Laouenan parlait lui aussi très mal le français.,

Les deux furent fusillés mais réhabilités en 1933 et 1934.

Le corse Gabrielli ne parle pas du tout le français, fusillé pour refus d'obéissance.

Combien de soldats accusés de refus d'obéissance qui furent condamnés à mort parce qu'ils ne parlaient pas ou parlaient mal le français. Ce problème des langues régionales ne préoccupera jamais l'état-major des armées françaises ni les administrations civiles parisiennes.

Document parlementaire de M. Dintillac sur les fusillés de 14-18 pour 140 000 accusés :

année

1914

1915

1916

1917

1918

condamnés

324

648

890

883

301

total : 3 046

fusillés

200

392

156

132

43

total : 923

Divisions, brigades et régiments de Gascogne pde 14-18.

Bordeaux :  18ème corps d'armée

                    35ème division d'infanterie

                    70ème brigade d'infanterie

                    57ème et 144ème régiments

Bayonne :   36ème division d'infanterie

Mont de Marsan : 71ème brigade d'infanterie

                             34ème et 49ème régiments

Pau :          72ème brigade d'infanterie

                   12ème et 18ème régiments

Tarbes :     18ème brigade d'infanterie

                   14ème, 24ème et 58ème régiments

Auch :        68ème brigade d'infanterie

                   59ème et 88ème régiments.

 

Les morts de 1914-1918 pour toute la Gascogne.

Régions

Albret

Armanhac

Béarn

Bigorre

Bordelais

Comminges

Couserans

Landes

Lomagne

Morts par région

          3 500

          8 300

          9 700

          6 900

        24 000

          6 900

          4 800

        12 000

          2 400

        78 500

Population en 1911

        134 040

        221 994

        270 000

        206 105

        829 095

        280 000

          94 200

        288 902

          92 000

     2 416 436

  

 

 

 

 

Los fusilhats de 14-18.

 

Qu'averem podut pensar qu'èra solament pendent la prima de 1917 après l'ofensiva Nivelle, après la mauescaduda d'aquesta ofensiva, qu'aurem avut la majoritat deus fusilhats e dilhèu la totalitat, qu'èra ua error.

Tanlèu d'agost de 1914 après l'ofensiva de las termièras, que comencèn las execucions. En realitat, la majoritat de las execucions que's debanèn majoritàriament en 1914 e en 1915.

Tà castigar, l'armada francesa qu'avèva los articles seguints :

article 213 : tot militar qu'abandona lo son pòst : la mòrt

article 218 : arrefús de caminar contra l'enemic : la mòrt

article 223 : trucs e patacs contra un superior : la mòrt

article 239 : desercion tà l'enemic : la mòrt.

Aquestes articles que hasón condemnar, jutjament shens aperet, 3040 sordats condemnats a mòrt, per 923 fusilhats. Que condemnèn per huieta, tanben per abandon de pòst, desercion en preséncia de l'enemic, mutilacion volontària, pilhatge, espionatge, arrefús d'aubedir, en Alsàcia un sarròt de civius alemands que son fusilhats per collaboracion dab l'enemic "alemand" (Alsàcia qu'èra alemanda dempuish 1871).

Tanlèu setemer de 1914, 31 sordats que son condemnats a mort, 13 que seràn fusilhats. Dus territoriaus vielhs de 45 ans d'atge que seràn dens los prumèrs fusilhats, jutjats e condemnats a mort lo 12 de setemer de 1914 per defalhida (esglachats per ua ataca alemanda) que seràn fusilhats de cara tau regiment lo 15 de setemer de 1914. Un article critic dens la premsa suu jornau "lo Matin" deu 21 d'agost de 1914 contra une division de la 15au armada, compausada de contingents d'Antibol, Tolon, Marselha e Ais, tots provençaus (que hè remarcar l'accent cantat provençau, coma o casi un crimi de lèsamajestat per huejuda davant l'enemic).

En setemer de 1914, 70 condemnacions a mort, per alebadura volentària, 59 fusilhats. La mitat deus sordats fusilhats qu'èran embriagats pendent los hèits. La prumèra mutilacion que va tocar la 57au division que guarda Belfort. Lo 12 d'agost, lo sordat P. vadut dens lo Dobs (Franc-Comtat) que s'aleba eth-medish dab lo son fusilh au pè, 5 autes sordats que s'alebèn, deu medish regiment, lo medish dia. Las 14au e 15au armadas que's destrian per la lor severitat, per lo mes de setemer de 1914, 70 condemnacions a mort, 11 qu'estón graçiats e 59 fusilhats.

De Gasconha despuish lo 7 d'agost de 1914, regiments gascons e regiments mixtes de Gascons e Vascons que caminèn per l'ofensiva de las termièras.

L'incident deu 20au R.I., lo 20 d'abriu de 1917 qu'es considerat coma lo prumèr refús de combàter. Qu'es pendent l'ofensiva Nivelle (lo generau Nivelle qu'es lo capdau de l'armada francesa), ofensiva que deu esglachar las linhas alemandas e acabar la guèrra.

Qu'es lo medish espèr o illusion de l'ofensiva de las termièras pendent l'estiu de 1914 au començament de la guèrra que deu en quate o cinc setmanas esglachar l'armada alemanda e acabar a Berlin per ua victòria totau e deishar los sordats francés tornar tà casa passar la Nadau de 1914. De créder açò qu'èra completament pegàs e tanben criminau.

Après las prumèras setmanas e pòc de ganh e sovent nat ganh, mes dab milèrs de morts, lo capdau Nivelle qu'avèra devut estancar l'ofensiva, mes que s'encaborravè, e qu'a deishat a la soma morir 270000 òmis.

Si Nivelle e l'estat major de las armadas francesas averén estudiat la Revolucion mexicana, lo sieti de la ciutat de Celaya en abriu de 1915, quan aquesta ciutat defenduda per lo generau Obregon (de mair francesa), Celaya qu'avèva ua defensa organizada per oficiers alemands, un sarròt de linhas de trencadas, hèra de hiu barbelat, dab blocaus dab mitralhadèras que poden escobar totas las entradas de la ciutat.

Lo generau Pancho Villa, autant òrb coma noste generau Nivelle e l'estat major francés, qu'arroncè la sua division deu nòrd, andada après andada entà que's har destrusir completament. Desempuish aquesta destruccion, la division deu nòrd ne joguè pas mei nat ròtle dens la revolution mexicana.

Los sordats francés ne poden pas acceptar d'aver hèit autant de sacrificis per nat resultat, dab aqueste vertadèr fiascò, per manca de permission tanben et d'aver ua biòca hèra maishanta.

Los susmautas que pensavan de trobar ua solucion entà la patz e véder la fin de la guèrra.

Totun casi totas las autas ofensivas qu'avèvan avut pèrtas superioras.

ofensiva de las termièras d'agost tà novemer de 1914 : 854000

ofensiva de Champanha de heurèr tà març de 1915 :      240000

batalha d'Artòis d'abriu tà junh de 1915 : 449000

Verdun de heurèr tà junh de 1916 : 442000

batalha de la Somma de julhet tà octobre de 1916 : 341000

ofensiva Nivelle d'abriu tà julhet de 1917 :                   270000

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Lo 18au R.I. de Pau qu'avèva au començament de la guèrra en agost de 1914 solament gascons coma sordats, bearnés e lanusquets, mes après casi tres ans de guèrra dab pèrtas enòrmas, lo regiment qu'avèva adara totas las etnias de l'exagòne.

Lo 18au R.I. que coneishèva plan lo lòc aperat lo "Camin de las Daunas", en 1914 e 1915 que guerrejèn dens lo lòc aperat Craonne, l'annada siguenta que van tà Verdun, puish dens la Sòmma, relhevat per ua unitat anglesa a miei de heurèr de 1917. Qu'a lo temps de se pausar e van tornar dens la region per l'ofensiva Nivelle.

Lo 15 d'abriu de 1917, que son a Maisy e qu'ataquèn los candaus d'Òlches. La setmana deu 4 tau 8 de mai de 1917 qu'èra lo sordeih e lo mei gloriós per lo regiment. Pendent tres dias e tres nueits de batalha, la presa deus planers de Craonne e de California que costè hèra car au 18au R.I. Las pèrtas qu'èran esglasiantas : 11 oficiers, 25 sosoficiers, 548 sordats morts o desapareishuts e 529 herits. Lo 8 de mai de 1917 lo regiment qu'èran retirats deu front e qu'èran mandats tà se pausar e d'estar reconstituits dab l'ajuda de mila navèths òmis.

Après d'aver sejornats a Dravegny e a Sergy que van mudar taus vilatges de Villemoyenne, Fête en Tardenois e Villers sur Fère. Lo 267au R.I. de Soissons, qu'èran a Sergy e a Favières, qu'èra lo regiment de resèrva deu 67au R.I. de Soissons, que van tots béver amassa tau cafè "Assailly". Los deu 267au R.I. que contèn las hèitas deu 162au R.I. que conselhèn de ne pas tornar tà las trencadas, pr'amor d'arrefusar d'anar dens las trencadas, que poden ganhar permissions. Los sordats deu 267au R.I. que vienen dens lo cantonament deu 18au R.I. e que conselhèn d'arrefusar de pujar dens los camions. Un grop de susmautas que miacèn los lors companhs dab fusilhs entà har puisheu de partir. Que tirèn sus las hièstras esclairadas, granadas qu'èran arronçadas.

La susmauta qu'èra solament dens lo segond batalhon. Los oficiers que hen pujar dens los camions lo purmèr e lo tresau batalhons. La perbostat de la detzau armada a Caugny qu'èra alertada a las 2 òras 30 deu matin, 30 gendarmas que caminèn tà Villers sur Fère on arribèn a 5 òras deu matin. Que s'i escadèn de har pujar un grop de sordats dens tres camions, puish dens lo vilatge qu'amassèn ua quarantetat de sordats que mandèn dab ua escòrta tà Fère en Tardenois, puish que's tustèn tà un grop de 80 òmis qu'arrefusèn de partir. Puish 20 sordats pregats peu caporau Voltz que pujèn dens un camion per Beaurieux. Los que demoran que caminèn cap la gara coma se volèn anar tà París. Un aute gropet de 7 o 8 òmis que pujèn.

Los darrèrs que's decidèn a la fin de pujar dens cinc camions tà Beaurieux on arribèn a las 10 òras 45.

Quauques sordats que's hen arremarcar per lo lor comportament.

Canel (Pas de Calais) : cincau companhia, qu'a cargat lo son fusilh e a alinhat un conductor de camion que carrejava sordats e en bèth cridar "Estanca-te o que t'escani" qu'a forçat tanben sordats de devarar d'un camion e qu'a tirat un còp de fusilh.

Prouvier : setau companhia, qu'assajè d'empedir companhs de pujar dens los camions e qu'a tirat còps de fusilh au ras de la plaça de Fère e a Chery Chartreuve.

Cristoni : setau companhia, qu'assajè d'empedir companhs de pujar dens los camions e qu'a cridat "Sac a tèrra ! Ne partetz pas !"

Didier (Vosges) : que cerquè d'anar tà París, pendent la caminada tà Villers sur Fère, qu'a dit "sediciós" e que va empedir companhs de deishar los susmautats.

Finot : cincau companhia, qu'a dit "Ne caminaram pas, ne tornaram pas tà las trencadas".

Lasplacettes (gascon) : cincau companhia, qu'anè contra energicament de pujar dens los camions e d'exigir que los sons companhs dejà pujats de devarar de tira.

Triconi : cincau companhia, qu'a tirat un sarròt de còps de revolver pendent lo viatge en camion.

Lasplacettes Johan Lois, vadut en 1887 à Aydius dens lo Bearn, paisan, qualificat pendent lo procès d'estar indiscplinat, mau notat per los sons officièrs, totun qu'estó citat le 19 d'abru de 1917 a l'òrdi deu regiment per aver, lo 16 d'abriu, hèit presonèrs 17 sordats e un oficièr alemanfs dab ua patrolha. Lo son libe de matricula qu'indica qu'es un sordat deus bons desempuish lo començament de la guèrra, tostemps volontari per las missions perilhosas. La vertadèra rason, qu'estó desqualificat per lo son capitani que'u présentè coma escusèr ! Mes dilhèu ne parlava pas lo francés pro bon ?

Molia Vincent, vasut dens un vilatge Nassiet en Shalòssa dens las Lanas, qu'es un sordat deus bons, dus còps herit, qu'a arrebut duas citacions pendent la batalha a Craonne, que ganhè la crotz de guèrra, que ganhè tanben los sons galons de caporau suu camp-batalhèr, tostemps volontari per missions perilhosas. Lo son comandant Robèrt, dens la soa deposicion davans lo tribunau, qu'a hèit laudor de Molia, mes lo comissari raportaire que ditz que Molia qu'es un escahaut, un "temperament borient" "shens intelligéncia e shens dignitat". Dilhèu son francés n'es pas briga bon ?

Lo 11 de junh, lo president Poincaré que rejeta los recors en gràcia de Molia, Lasplacettes, de Didier e de Canel, et cambia la condemnacion de Cordonnier en 20 ans de preson. Los quate autes que deven estar fusilhats l'endoman matin a l'esguit deu dia.

Pendent la nueit, que vam aver l'evasion rocambolesca de Molia. Que podem pensar qu'estó ajudat ! Açò que demora enqüèra un mistèri. Longtemps après, Molia n'a pas podut parlar e har castigar la persona o las personas qu'ajudèn.

Tots los guardians qu'estón castigats. L'alarma de Molià n'estó balhada solament ua estoneta abans que sia fusilhat. Dilhèu aquesta ajuda qu'estó balhada tà reparar l'error de la sua condemnacion.

Molià que demandè en fin de serada d'anar taus comuns, un guardian que l'acompanhè e qu'aurè devut esperar que sia sortit e de tornar acompanhar tà la cramba on èran guardat los presonèrs. Mes quan Molià deishè los comuns n'ia degun que'u esperè, qu'es adara dens la cramba que balha suu jardin, que i a ua pòrta, que s'escapa peu jardin, dehòra degun tanpòc coma i a ua canonada alemanda e los guardians que cerquèn acés dens la bòrda. Molià que tornè dens lo son vilatge en Shalòssa, puish qu'a d'anar se refugiar a Pampeluna en Navarra. Que serà reabilitat en 1934 e que tornarà a casa dens lo son vilatge en 1936.

Los tres autes condemnats qu'estón fusilhats suu planèr au dessus de Maisy a l'esguit deu dia, los sordats Canel, Didier e Lasplacettes. Dens un article deu jornau "Sud-Ouest" deu 16 de març de 2009 que parla deu conselh municipau d'Aydius, vilatge de la vath d'Aspa, qu'a pres la decision de har escríber lo nom de Lasplacettes suu monument aus morts deu vilatge d'Aydius, 92 ans après la sua execucion.

Ua auta manifestacion d'un regiment miei gascon miei vascon, lo 49au R.I. de Baiona, mes shens nada condemnacion a mort. De mai tà novemer de 1917, qu'averam 497 condemnacions a mort per 55 execucions. Lo president de la Republica Poincaré que balha la gràcia dens 89% deus cas.

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L'origina deus condamnats a mort.

Que vienen deu Nòrd (linha Mont Sent Miquèu tà Belfòrt) per 54% deus fusilhats, que son 39% de la populacion.

La zòna centrau : 35% deus fusilhats per 39% de la populacion.

Lo mieijorn (linha Bordèu tà Grenoble) : 11% deus fusilhats per 22% de la populacion.

La 73au brigada de la 37au division, dens la vath de l'Aisne, 12 escapadors tuats per un oficier.

prumèra armada : qu'a condemnat a mort un sol sordat

dusau armada :     qu'a condemnat 14 a mort, 2 en 1914

tresau armada :    qu'a condemnat a mort un sol sordat

quatau armada :    qu'a condemnat 64 a mort, 38 en 1914, 21 en 1915

cincau armada :     qu'a condemnat 5 a mort

seisau armada :     qu'a condemnat a mort un sol sordat

navau armada :      qu'a condemnat 16 a mort, 2 que seràn fusilhats.

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A la soma d'octobre de 1914, 67 fusilhats, en novemer 29 fusilhats, en decemer 59 fusilhats.

Ua navèra acusacion que vien s'ajustar a las autas, qu'es lo passatge volontari dens las linhas alemandas (qu'es de cercar de se har presonèr). Que i a 24 condemnacions per contumàcia per desercion a l'enemic dens la 7au companhia deu R.I. 141. La soma de 1914 que son 500 condemnacions a mort per 200 fusilhats.

Ua navèra acusacion de béver acide picric tà tornar malaut.

Pendent toute la guèrra qu'averam 140000 procediments de justícia. Per 8300000 d'òmis mobilizats, 1500000 tuats (un gran nombre de sordats herits que segueishen de morir après la fin de la guèrra, mei que tots los gazats), 2800000 herits, 600000 veudas, 2800000 orfalins, 546000 presonèrs, 38963 que van morir pendent la lor captivitat.

Que fusilhan tanben dens las autas armadas estrangèras.

armada britanica :    351 fusilhats, reabilitacion en 2006

armada canadiana :  25 fusilhats

armada italiana :      750 fusilhats e casi 149 execucions somàrias

armada alemanda  :  48 fusilhats,  mes un gran nombre d'execucions somàrias

armada francesa :     923 fusilhats, pòc d'execucions somàrias

armada Navèra Zelanda : 5 fusilhats, pardon generau en 2002

armada australiana : lo govèrn australian qu'a arrefusat categoricament que nat sordat australian sia fusilhat a despieit de la pression de la hòrta deu govèrn britanic.

Qu'avem mei de fusilhats pendent 1914, 1915 e 1916 qu'après l'ofensiva Nivelle a la prima de 1917, que balharàn per 40000 susmautats per ua soma de 50 fusilhats.

Los condamnats que seràn pardonats e los condamnats a la preson que seràn mandats dens colonias : Indochina, Madagascar, Argeria e Marroc.

La question de las lengas regionalas n'es pas jamei mencionada, quan la majoritat deus 8 300 000 sordats mobilizats qu'eran paisans e qu'eran de tots los pòbles de l'exagòne : Bretons, Flamencs, Lengadocians, Auvernhats, Lemosins, Provençaus, Catalans, Còrses, Delfinés, Savosians, Normands, Vascons e Gascons. Que trobei coma exemple lo breton Frances Laurent acusat de mutilacion volontària que parla pòc lo francés, un aute breton Roger Laouenan ne parla pas briga lo francés, los dus fusilhats e rehabilitats en 1933 e 1934. Lo corsegan Gabrielli ne parla pas briga lo francés e fusilhat per refús d'aubedir. Quan de sordats acusats de refús d'aubedir qu'eston condamnats a mort quan ne parlavan pas o mau lo francés. Aqueste problèma de las lengas regionalas ne tesica pas jamei l'estat-major de las armadas francesas coma las administracions civilas parisencas.

 

 

 

Document parlementari per Sénher Dintilhac deus fusilhats de 14-18 per 140 000 acusats :

annada

1914

1915

1916

1917

1918

condamnats

324

648

890

883

301

soma : 3 046

fusilhats

200

392

156

132

43

soma : 923

 

Divisions, brigadas e regiments de Gasconha per 14-18.

Bordèu :  18au còrps d'armada

                35au division d'infanteria

                70au brigada d'infanteria

                57au e 144au regiments

Baiona :  36au division d'infanteria

Mont de Marsan : 71au brigada d'infanteria

                             34au e 49au regiments

Pau :       72au brigada d'infanteria

                12au e 18au regiments

Tarba :   18au brigada d'infanteria

                14au, 24au e 58au regiments

Aush :     68au brigada d'infanteria

                59au e 88au regiments.

 

Los morts de 1914-1918 per tota la Gasconha.

Parçans

Albret

Armanhac

Bearn

Bigòrra

Bordalés

Comenge

Coseran

Lanas

Lomanha

Morts per region

          3 500

          8 300

          9 700

          6 900

        24 000

          6 900

          4 800

        12 000

          2 400

        78 500

Populacion en 1911

        134 040

        221 994

        270 000

        206 105

        829 095

        280 000

          94 200

        288 902

          92 000

     2 416 436

 

 

 

 

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